Créer une entreprise à Tallinn

L'Estonie doit sa réputation à la simplicité de ses démarches. La création d'une société y est rapide et largement dématérialisée. Les obligations comptables et sociales restent en revanche réelles une fois l'activité lancée.

Formes juridiques

Plusieurs statuts coexistent. L'osaühing, abrégé en OÜ, correspond à la société à responsabilité limitée et représente la très grande majorité des immatriculations. L'aktsiaselts, ou AS, est la société par actions, réservée aux projets de plus grande taille. Le FIE désigne l'entrepreneur individuel. Les sociétés de personnes et la succursale d'une société étrangère complètent l'éventail.

Immatriculation d'une OÜ

La constitution se fait en ligne, par le registre électronique du commerce. Le capital social minimum n'est plus que de 0,01 euro par associé depuis février 2023. Les frais d'État s'élèvent à 265 euros pour une immatriculation en ligne. Le dossier est souvent traité en un à deux jours ouvrés. Une société dont l'adresse se situe hors d'Estonie doit désigner une personne de contact agréée sur place.

Statut d'e-résident

Le programme e-Residency, lancé en 2014, délivre une identité numérique aux non-résidents. Elle permet de signer électroniquement et d'administrer une société estonienne à distance. Plus de 142 000 personnes en disposent et environ 43 000 sociétés ont été créées par ce canal, selon les chiffres officiels de juillet 2026. La demande coûte 150 euros de frais d'État et la carte se retire en personne. Ce statut n'accorde ni la nationalité, ni un titre de séjour, ni un visa, ni le droit d'entrer en Estonie ou dans l'Union européenne. Il ne déplace pas la résidence fiscale du titulaire et ne garantit aucun accès aux services bancaires.

Imposition des bénéfices

Le régime estonien fait figure d'exception en Europe. Les bénéfices réalisés ne sont pas imposés tant qu'ils restent dans l'entreprise. L'impôt frappe la distribution, au taux de 22 %, calculé comme 22/78 du montant net versé. Une distribution nette de 78 euros supporte ainsi 22 euros d'impôt. Le taux demeure fixé à 22 % en 2026, la hausse à 24 % votée en 2025 ayant été abandonnée. Les avantages en nature, les cadeaux et certaines dépenses étrangères à l'activité sont assimilés à des distributions. L'assujettissement à la TVA devient obligatoire au-delà de 40 000 euros de chiffre d'affaires taxable annuel. Le taux normal de TVA atteint 24 % depuis juillet 2025.

Coût du travail

Employer un salarié suppose des charges patronales élevées. L'employeur verse une contribution sociale de 33 % sur le salaire brut et 0,8 % d'assurance chômage. Le salarié supporte 1,6 % d'assurance chômage, 22 % d'impôt sur le revenu et, selon les cas, 2 % de retraite par capitalisation. Un abattement de 700 euros par mois s'applique au revenu imposable depuis janvier 2026.